Mais comment tu causes!

Alors, cet article me tient particulièrement à cœur, je vais donc tenter d’en sortir quelque chose de correct.

Évidemment, j’enfonce des portes ouvertes, mais parfois, ça fait du bien!

Je n’ai pas tellement d’avis sur la fessée, il ne faudrait a priori évidemment pas en donner, et c’est bien ce que je compte tenter de faire, mais j’ai aussi appris, avec ma maternité toute neuve, qu’un enfant peut vraiment vous pousser à bout, et bien qu’on se soit promis de ne jamais faire ci ou ça, on finit parfois par aller à l’encontre de nos idées. Donc, la fessée, dans l’idée, je suis contre, mais je conçois tout à fait que dans un moment d’extrême nervosité, elle nous échappe.

Par contre, ce que je ne conçois pas, ce sont toutes ces petites humiliations que je vois des enfants subir au quotidien. Bien pire qu’une fessée donnée à un moment de crise, l’exaspération qu’on lit dans le regard de leurs parents me fait froid dans le dos.

Deux exemples me reviennent: à la caisse d’un magasin de jouets pour enfants, des jouets sur lesquels il faut appuyer pour les faire fonctionner. Une petite fille (6 ans sans doute) et son papa. En moins de 3 secondes, évidemment, la petite appuie sur le jouet du présentoir, et là, je ne saurais décrire le regard du père, un mélange entre de l’exaspération et une violence sourde, suivi du regard de la petite, complètement tétanisée. Il n’y a pas eu de mots, que peut on leur dire? J’aurais voulu dire à ce père que oui, un enfant, ce n’est pas un accessoire social, qu’il est normal qu’elle touche à ça, puisque que des mecs qui ont des bacs plus 12 ont passé un temps monstre à mettre au point une stratégie qui forcerait l’enfant à vouloir si ce n’est posséder, sinon essayer ledit jouet. Alors oui, peut être qu’elle avait été dure avant, peut être qu’il était fatigué, mais le regard paniqué de la petite en disait bien long sur la confiance qu’elle accordait à son père!

Second cas, dans un magasin de déco suédois, un samedi matin. Un père (oui encore, mais soyons honnêtes, les mère font pareil hein!) avec un tout petit de 2 ans qui marche mais pas si bien que ça. Je voulais passer avec mon gros caddie (et mon gros bide à l’époque), je demande donc à la petite famille de se bouger (gentiment hein!), le père se pousse, mais au moment ou je manœuvre, le petit bouge, et je le fais tomber (il était pas très stable!), et là, avant même que j’aie eu le temps de demander pardon et de lui faire une petite caresse, son père l’attrape par le bras et le remet debout de cette manière, tout en hurlant qu’il lui avait dit de se pousser etc…J’en ai eu les larmes aux yeux, et avec le recul, j’ai honte de n’avoir rien dit!

Parce que oui, l’éducation c’est personnel, mais si j’avais vu ce même mec se comporter de cette façon avec sa femme, je serais intervenue sans difficulté! Alors pourquoi laisse t-on faire quand il s’agit d’un tout petit qui n’a aucune possibilité de se défendre, alors qu’on s’interpose quand ce sont des adultes qui sont en conflit?

Pourquoi un enfant vaut moins qu’un adulte? On s’étonne de ce que les enfants ne respectent rien, mais s’ils ne sont pas respectés, comment pourraient-ils savoir qu’on peut se comporter autrement?

Alors bien sûr, je suis loin d’être la mère parfaite qui ne s’énerve jamais, mais j’essaie de toujours me calmer assez vite, et surtout, de ne pas réellement crier. Bien sûr qu’il m’arrivera de faillir, je suis humaine! Mais j’espère de tout mon cœur que je saurais me rappeler que mon enfant est un enfant, et non un mini adulte, que je ne peux pas lui demander de m’obéir au doigt et à l’œil (pour ça j’ai pris un chien), et surtout, que s’il est énervé, c’est que quelque chose ne va pas, pas qu’il s’ennuie et se demande comment m’embêter le plus possible. Enfin, je me suis promis que la prochaine fois que je verrais ce genre de comportement, j’interviendrais, parce qu’il ne faut pas banaliser la violence verbale ni l’humiliation!

Et vous, vous vous êtes déjà retrouvé(e)s confronté(e)s à ce genre de situation?

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Réparer son enfance

Je ne sais pas s’il en est de même pour tout le monde, mais je sais qu’une grande partie de ma maternité a pour but de réparer mes douleurs d’enfance.

Je n’ai pas été maltraitée, loin de là. Cependant, je pense que j’ai fait les frais de parents qui ne savaient pas vraiment ce qu’élever un enfant signifiait, et surtout, ils s’en fichaient pas mal de faire bien ou mal.

Je n’ai que très peu de bons souvenirs de mon enfance, ce n’est absolument pas un moment que je regrette, et pour être tout à fait honnête, quand j’y repense, j’ai souvenir d’un ennui intense. D’ailleurs, dans tous mes souvenirs, il fait gris (encore une fois, peut-être est-ce le cas pour tout le monde, mais j’avoue ne pas parler de ça dans ma vraie vie!).

Pour moi, avoir un- puis j’espère des- enfants, c’est un peu revivre par procuration ce que je n’ai pas eu. Je me suis fait quelques promesses pour l’éducation de mon fils et des ses hypothétiques frères et sœurs, et voici ce que je voudrais vraiment arriver à tenir:

– Rire avec lui, dès que possible, de tout et de rien, ne surtout pas lui demander d’être sérieux

– Le laisser essayer des choses: associer des aliments qui ne le sont normalement pas, faire de la peinture avec les mains, faire du jardinage ou de l’élevage d’escargots, surtout, ne pas le priver simplement parce que je ne veux pas m’embêter à nettoyer derrière!

– Ne pas juger son caractère, dans la mesure du possible, ne jamais lui dire quelque chose qui pourrait le blesser (oui, parce que bon le « T’es trop méchante, tu finiras seule » il me fait encore un nœud dans la gorge…)

– Le laisser être lui, un enfant imparfait qui n’est pas là pour combler mes désirs, essayer toujours de le pousser a savoir faire des choses pour lui et non pour ce que la société (et encore moins ses parents) pourrait attendre de lui

– Ne jamais arrêter de lui faire des câlins, des bisous, des papouilles…ne pas perdre le côté tactile

– Le soutenir, toujours, même si j’ai peur, même si je n’y crois pas, même si je ne suis pas d’accord. Le laisser se tromper, et l’aider si besoin, à recommencer

– Ne jamais mettre mes sentiments pour lui ou mes actions envers sa personne dans la balance: il ne me doit et ne me devra JAMAIS RIEN

Voilà, cette liste est non exhaustive, et elle s’étendra surement beaucoup dans les années à venir, mais j’aime l’idée de la consigner ici et de venir la relire pour me remettre les idées en place.

J’espère sincèrement arriver à m’y tenir, et même si je ne serais jamais parfaite, je souhaite par dessus tout ne pas laisser de traces douloureuses sur le cœur de mon tout petit.

Et vous, avez-vous des peurs quant à l’éducation de vos enfants?

Féminisme et allaitement

Je ne sais pas si cet article vaut la peine, mais voilà, une question me turlupine (oui me turlupine parfaitement!) depuis quelques semaines…

Donc, comme la plupart des personnes, je suis féministe, je crois en l’égalité absolue entre les hommes et le femmes et ne comprends même pas que ce soucis n’ait pas encore été résolu (je veux dire c’est aussi absurde que la controverse de Valladolid, ou que le mariage gay! Oh wait…). Donc je suis féministe, j’oeuvre petitement auprès de mon entourage et…j’allaite!

Comme je le disais dans l’article précédent, si je suis convaincue de l’allaitement POUR MOI, je sais en revanche que ça ne fait absolument pas de moi une meilleure mère!

Et donc, depuis 6 mois, cet allaitement fait beaucoup parler. Il y a ceux qui me prennent pour une de ces mères qui ne veulent pas couper le cordon, mais il y a aussi ceux, très nombreux également, qui me trouvent au choix: courageuse, forte etc…

Et c’est là le problème. Je veux dire que je ne mérite pas de médaille, loin de là, à mes yeux, celles qui forcent l’admiration en allaitant sont les mamans de prématurés, les autres font juste comme elles ont envie. Et c’est bien ça le souci, 99% de mes amies ont tenté d’allaiter, et toutes ont eu des soucis. Soucis qu’elles m’expliquent, elles n’avaient pas assez de lait, le lait n’était pas assez nourrissant et j’en passe, alors qu’on sait qu’une mère ne manque jamais de lait (la baisse de lactation existe hein, mais on y remédie facilement), que le lait sera toujours assez nourrissant etc…sauf que je leur répond en compatissant. On sait qu’on se ment, mais ça évite de dire la vérité toute crue: elles ne voulaient pas allaiter.

Et je trouve horrible de ne pas pouvoir oser dire, bon j’ai essayé, mais franchement, ça ne m’a pas plu alors j’ai arrêté. Quelle honte il y a? Moi perso j’ai essayé l’écharpe de portage et je n’ai pas aimé, bon bah c’est tout, pas de quoi me lapider en place publique, mon bébé va dans sa poussette pas physio et puis tant pis!

Alors je me demande pourquoi on rentre toutes dans ce tabou, pourquoi on fait semblant de croire celle qui nous dit qu »elle n’a pas réussi à allaiter alors qu’elle ne voulait simplement pas le faire? Pourquoi on ne dit pas simplement à cette soeur en maternité qu’on sait qu’elle transforme la réalité, mais que pour arriver à une parole décomplexée des jeunes mamans et des femmes en général, on ferait mieux de se dire la vérité et d’assumer, parce qu’on donne décidément bien trop d’importance à un choix qui n’aura à mon sens aucune répercussion sur le futur de l’enfant!

Maman d’un côté comme de l’autre, rétablissons la vérité: non allaiter n’est pas un acte héroïque, mais non, donner le biberon n’est pas un crime!

Voilà, j’espère que vous comprendrez oú je veu en venir, mon idée a été particulièrement difficile à mettre en mots!