L’ Erreur

Mon chaton,

Je crois que j’ai commis l’Erreur..celle que je m’étais promis de ne pas faire, celle qui je le pensais, était la clé de voute de mon enfance un peu ratée. J’ai reproduit, bêtement, par facilité, par fatigue sans doute aussi, par manque de lucidité très certainement.

Je me suis faite avoir.

J’ai cru que je te connaissais, tu sais comme on dit que je te connaissais « comme si je t’avais fait ». Sauf qu’assembler des cellules patiemment pendant 8 mois n’a jamais permis à personne de comprendre son enfant.

C’est vertigineux, tu n’es en rien comme je t’avais imaginé, et tu es infiniment plus complexe. J’ai oublié, au fil de mes nuits blanches, comme c’est excitant de chercher la clé de chaque petit verrou que tu m’opposes, j’ai oublié de m’émerveiller du fait que tu es tellement différent de moi. J’ai voulu t’appliquer des principes, comme si tu n’étais qu’une théorie, alors évidemment, on n’arrivait plus à trouver la solution.

A bout de patience, et à force de conseils tous moins sollicités les uns que les autres, j’ai presque cru que tu étais un bébé comme les autres…j’ai complètement oublié que tu es un bébé parmi d’autres, et qu’ils sont tous différents de toi, comme tu es différent d’eux. J’ai cru que parce que tu suivais les stades de développement du carnet de santé, il me suffisait de t’appliquer des solutions à un problème qu’on n’avait même pas su identifier. C’est une équation à deux inconnus, et il ne faut pas se leurrer, ces deux inconnus, ils le resteront jusqu’à la fin de mes jours. Parce que si comme je te le dis régulièrement, à jamais je suis ta maman, à jamais tu ne m’appartiens pas. Dans cette relation bancale, c’est toi qui me possède, mon rôle à moi est d’être à côté, et de chaque jour m’éloigner, jusqu’à ce que ce qui nous relie ne devienne qu’un fil invisible, extensible à l’infini.

Oui, il faut que je me rappelle de ça chaque instant, tu es une énigme, l’énigme qui garde éveillées les mères depuis la nuit des temps, l’énigme qui a pour but de ne jamais être décryptée.

Alors mon chéri, à partir d’aujourd’hui, je te promets de te traiter comme un enfant dont je suis la maman, et plus jamais comme mon enfant.

Maman qui t’aime à jamais.

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Et donc, c’est le vôtre? #2

Donc, comme je le disais dans le premier article de cette série (si, parfaitement, au bout de deux c’est une série, voire une saga!), les gens ont beaucoup de mal à associer mon fils à moi, et vice versa bien entendu!

Donc, d’une je n’ai pas une allure « maternelle », mais en plus, disons que mon fils et moi, on n’a pas vraiment la même couleur de peau. Certains diraient même qu’il est typé, et je ne pourrais pas franchement les contredire!

Je passe sur tous les « ah bah il est bien brun! » (ce qui est assez logique puisque son père l’est évidemment, mais moi aussi!).

Et parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit palmarès de ce que #lesgens trouvent primordial de me faire savoir!:

« Han mais t’as trop de chance d’avoir un petit métisse, moi j’aimerais trop aussi! »- le métisse, cet accessoire fashion!

« Et donc, il vient de…? »- Euh, il sort direct de mon utérus, si tu veux je peux te raconter mon accouchement aussi!

« Ah, donc c’est le papaaaaaa…! »- Ah non, là c’est le fils! Mais je me demande encore à ce jour comment je pourrais terminer cette phrase, si vous avez des idées…

« C’est bien la peau mate, c’est pratique avec le soleil! » -Malheureusement, ça l’est beaucoup moins avec les CVs!

« Et pourquoi il n’a pris que le nom de son père? Ce sera pas simple pour lui plus tard! » -Alors comment te dire, d’une je ne vois pas en quoi rajouter mon nom atténuerai l’effet terroriste que produit celui de son père sur des esprits comme le tien, mais en plus figure toi qu’on n’a même pas honte de ce nom (on est hyper culottés dans la famille faut dire!).

« Gens: Oh regarde, il veut aller jouer avec la petite fille!

Moi: Oui, en plus a priori il a un faible pour les blondes

Gens: Ah bah c’est bon vous êtes tranquilles!- Ici non plus, je ne vois pas l’idée précise (bien que je comprenne l’idée globale qui voudrait qu’on ne rajoute pas de couleur à la couleur!)

Allez, c’est tout pour ce soir, rien que de l’écrire ça m’a fatigué. Il est bien clair que quand je disais hier que #lesgens étaient maladroits; pour ce qui est des phrases sus-citées, #lesgens est juste un gros con (oui pour la peine je dis des gros mots!).

Et donc, c’est le vôtre? #1

Oui, c’est la première partie, parce que visiblement, ça choque beaucoup de gens!

Pour vous situer, je suis une maman plutôt jeune (enfin si on se fie au fait que le premier enfant se fait à 31 ans en moyenne en France), j’ai eu le mien à 26 ans, je n’étais donc plus franchement dans la case adolescence non plus hein.

Je vous passe tous les « mais c’était voulu? » non, pas voulu du tout, d’ailleurs on ne comprend toujours pas comment ça a pu arriver…

Breeeef, donc, ajouté à mon âge qui visiblement paraît suspect aux autres; il faut y ajouter ma corpulence. Disons que mon IMC est de 18 (oui, je ne vais pas non plus vous donner mes mensurations hein) et que j’ai perdu plus que je n’ai pris pendant ma grossesse (alors que j’avais pris plus de 20KG), et donc #lesgens sont absolument persuadés que soit je suis très malade, soit en fait, j’ai passé mon congé mat’ à jeûner. Alors qu’on soit bien clairs, je ne me plains absolument pas d’avoir perdu tous mes kilos, par contre -j’ai sans doute l’air de cracher dans la soupe-si je pouvais récupérer les 5 kilos d’avant grossesse, je ne dis pas non. D’une, parce que c’est fatiguant d’être trop mince (ou alors c’est d’avoir un enfant?!) mais aussi, parce que je n’en peux plus d’entendre des « ah mais c’est le vôtre » et quand je répond par l’affirmative d’ajouter tout en me détaillant de la tête aux pieds « bah on dirait pas hein ».

Je ne saurais expliquer pourquoi, mais cette réflexion, pourtant récurrente, m’oblige toujours à ajouter à la hâte « oui oui, mais ça c’est l’allaitement » (ce qui est a priori vrai), une façon de dire que non, je ne suis pas au régime, et que mon activité principale c’est mon enfant, pas de lire des magazines modes. Et j’ai comme l’impression que #lesgens, ne me croient de toutes façons qu’à moitié.

Pourquoi je raconte ça? D’une parce que j’adore parler de moi c’est évident, mais aussi parce que je me suis rendue compte que finalement, j’ai beau faire ma maligne en crachant sur les conseils et autres remarques reçues à tort et à travers, il n’en reste pas que je suis sure d’avoir moi aussi déjà vexé pas mal de personnes, sans le vouloir, en parlant trop vite, ou en ne me rendant simplement pas compte de l’énormité qui sortait de ma bouche. Je sais que ces remarques sur mon poids ne partent pas (toujours) d’une mauvaise intention, mais il n’en demeure pas moins que c’est un sujet qui me touche, et que parfois, sans doute, je suis cet autre à qui on a juste envie de dire « ta bouche » (oui, je ne dis plus de gros mots depuis que je suis maman!)

Voilà, j’y pensais tout à l’heure, et je me disais que finalement, on n’a pas tous les mêmes sensibilités, et qu’on ne peut jamais réellement se rendre compte de la portée de nos paroles. Et vous, des réflexions qui vous agacent, mais qui paraissent anodines?