Notre naissance

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J’ai adoré lire le récit des accouchements des autres, et l’idée de parler du mien me plaît beaucoup, puisque j’en garde un souvenir magique (non ne me détestez pas!) et que je me rends compte que j’en ai par contre oublié quelques passages!

Il y a un an (à quelques jours près!):

Il est trois heures du matin, et après une de mes 15 pauses pipi de la nuit, je me recouche. Je me retourne, et sens vraiment très peu de liquide couler (claaaaaasse). Je me dis que non, ce n’est pas normal, d’une je viens de vider ma vessie, de deux, je n’ai jamais eu de fuite avant, et de trois, quand je suis sur le dos, bébé n’appuie pas sur la vessie. Je me relève donc en allumant toutes les lumières, et retourne aux toilettes, et là, bon, je me rends compte que non hein, ce n’est pas de l’incontinence, mais bien la poche des eaux qui a rompu.

Je commence à pleurer, à dire à mon mari que bon, c’est pas une blague, lève toi, on y va! Il me demande 30 fois si je suis sure (et il se rendort entre chaque question) et moi je suis dans le couloir à courir dans tous les sens sans aucun but tel le lapin pris dans les phares de la voiture!

Je finis par remettre mon unique neurone debout et commence à faire ma valise de maternité ainsi que celle du bébé (oui, il est arrivé tôt!) et file me doucher.

A ce stade, je n’ai aucune contraction (je n’en ai jamais eu durant la grossesse) et j’arrive aux urgence en touriste. Une sage femme nous reçoit, elle me pose un monito… et…zéro contraction!!! Je suis verte, je sais quelles sont les options, et celle qui se profile ne me fait pas du tout envie!

Elle nous attribue donc une chambre et me propose d’aller marcher (oh oui, il est 5h30 et on est en plein hiver, je suis trop contente). Ce que nous faisons pendant 1h30, et là, les contractions arrivent. Elles sont hyper légères (j’ai plus mal quand j’ai mes règles) mais je suis fatiguée et je veux aller dormir, tant pis si je dois avoir un déclenchement!.

De retour dans la chambre, la sage femme me ré examine, et me dit que c’est bien, le col est effacé et ouvert à un doigt (quand je suis arrivée il était scellé à double tour). Vers 7h30 les contractions commencent à se faire bien sentir, mais là encore, rien de bien méchant. Je dis à mon mari d’aller se chercher un café et de me prendre des magazines. Il revient, on bouquine chacun dans son coin, je sens les contractions s’intensifier, mais je suis loin d’avoir réellement mal. A 8h30 une nouvelle sage femme arrive et me pose un nouveau monito. C’est sans doute la position allongé qui a accéléré les choses, mais pendant cette demi-heure, je sens que vraiment on vient de monter d’un cran! Une fois terminé, je supplie la sage femme de regarder à nouveau. Il est 9h, et elle mes sort tout sourire, c’est bon, vous êtes à 3 bons doigts, allez prendre une douche chaude pour vous calmer, le temps qu’une salle se libère (à savoir, je suis la dernière à avoir eu une salle, d’autres ont accouché en salle de pré travail ce jour-là!)

Je refile à la douche donc (ah ça du coup, je n’avais aucun doute quant à mon odeur corporelle) sauf que…l’eau est froiiiiide! Une horreur, je ne sais pas quoi faire, les contractions deviennent insupportable puisque je me raidis, je ne sais pas si je préfère rester sous l’eau pas chaude ou sortir de la douche toute mouillée dans une salle pas vraiment chauffée pour mettre ma blouse… Au bout d’un quart d’heure, mon mari m’aide à me relever de la chaise, et me sèche aussi vigoureusement que possible. La sagefemme reparait et on peut aller en salle.

A ce moment, c’est le black out total, je ne me souviens de rien, il parait que je m’arrêtais tous les 3 mètres et me tenait aux barres de couloir.

Arrivés en salle, on doit attendre l’anesthésiste. Il est 9h45, la douleur est intenable. L’anesthésiste est sur une urgence, mon mari lui perd complètement pied et se met à crier sa détresse à l’auxiliaire qui passait par là (« Mais vous voyez pas qu’elle a mal là, elle en peut plus, vous pouvez pas laisser quelqu’un comme ça merde! »)on me propose le protoxyde d’azote…alors là, PLUS JAMAIS, j’ai cru crever! Je me suis vue partir, ça a encore empiré la situation. En attendant,  je dis que je vais vomir, que je vais vomir et aussi que je vais vomir (mais c’est des menaces en l’air, je sais me tenir quand même ;-))

10h, IL arrive enfin, j’ai très peur parce que les contractions ne s’arrêtent pas et que je ne veux pas finir paraplégique, mais ça va hyper vite, et ça fait effet deux contractions plus tard.

Du coup, re auscultation, et là, je comprends pourquoi je pleurais de douleur, en une heure trente, je suis passée de 3 à 8cm, pour un premier, c’est assez rapide!

La sage femme me propose de dormir, elle me dit qu’elle repassera vers midi, sauf si je l’appelle. Je reste dans mon coin à m’occuper sur mon téléphone, mon mari s’endort. Je crois que je ne réalise rien du tout, je n’ai pas peur, je ne pense à rien, ah si, je veux juste voir si capricorne c’est bien comme signe astrologique!

A midi retour de ma super sage femme, elle s’inquiète que le bébé ne descende pas, son rythme est parfait et ne bouge pas.  Elle me re ausculte et…on y est, dilatation complète, il est déjà bien engagé. Puisque son rythme est parfait, elle me propose de revenir dans 30 minutes pour qu’il descende tranquillement. Pendant tout ce temps là, mon mari dormait toujours.

Midi trente, on re checke tout ça. Feu vert, on peut pousser, elle voit ses cheveux. J’éclate en sanglots, là j’ai compris, c’est réel, je vais avoir mon bébé!

Il faut secouer mon mari pour le réveiller. Il vient à côté de moi. Installation de la table, je renvoie un petit coup d’anesthésiant, l’auxiliaire arrive, c’est bon on y va. Je pousse deux fois, touche la tête, le rythme baisse un peu, je donne tout, et vais chercher mon fils.

Il est minuscule, je n’y avais pas pensé, je répète en boucle qu’il est trop petit, je pleure, mon mari pleure, et coupe le cordon.

Pas d’épisio ni de déchirure, par contre, j’ai eu le droit à la révision utérine, le pire moment je pense!

Rien que d’y repenser, je voudrais pouvoir revivre cette nuit absolument parfaite. Moi qui ai angoissé toute ma grossesse, il ne m’est même pas venu à l’esprit un seul moment de douter pendant l’accouchement. Je me suis totalement laissée porter par les sages femmes, et par mon mari, parce que cet article ne lui rend pas vraiment justice, pendant tout le temps ou je souffrais, il n’a pas arrêté de faire tout ce qui était en son pouvoir pour me calmer (des chorégraphies ridicules pour me détendre, et des massages hasardeux, mais c’est l’intention qui compte).

J’avoue qu’après près de 8 mois de stress, de crises d’angoisses et de larmes, mon accouchement a été ce qui m’a réconciliée avec ma grossesse.

Je suis désolée si des choses paraissent déplacées ou impudiques.

 

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3 réflexions sur “Notre naissance

      1. C’est normal c’est un jour qui change notre vie de toute façon!!! J’ai pas eu un accouchement de rêve, alors que je n’étais absolument pas stressée, j’en garde pas forcément le meilleur des souvenirs, mais c’est pas ça qui m’empêche de vouloir en faire un autre, et qui sait le prochain accouchement se passera peut être mieux ^^

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