Il me restera ça

Depuis quelques semaines, donc, je me réveille hébétée, me demandant si c’était un cauchemar. Depuis quelques semaines, il me faut quelques secondes pour appréhender une réalité nouvelle, dont les contours sont plus que flous.

Je ne sais pas si ma vie se fera à 3, si on continuera notre chemin à 4, et ce pour combien de temps?

En attendant d’y voir clair, j’ai décidé de commencer à tenter de digérer tout ça, le fait que je tiens mon dernier bébé dans les bras, et que je ne m’y étais pas préparée. Le fait de ne plus avoir de projets à deux, ni même en famille. L’impossibilité de rêver un futur comme j’aime tellement le faire.

Ce tsunami aura permis au moins que j’apprenne à m’ancrer dans le présent, et surtout, à relativiser. Personne n’est décédé et nous sommes tous en bonne santé. Nous nous respectons un minimum, et prenons soin de nos enfants. Mes enfants d’ailleurs, n’ont jamais autant vu leur père, évidemment, le grand est fou de joie, et si ce n’aura servi qu’à ça, ce sera déjà tellement (encore faut-il que ce ne soit pas qu’une passade). Donc oui, nous ne sommes pas heureux (nous les adultes), mais nous avons les clés en main pour le devenir, ensemble ou séparément.

Puisqu’ensemble est un mot que je n’emploie plus guère, j’ai décidé de m’épanouir séparément. J’ai repris d’anciens projets pros, je me suis remise au sport (soft hein, j’ai pas commencé ma rééducation!) et je sooooooors. Je vois du monde, je bois des coups, je rigole, et je prépare même plusieurs week-ends avec des amis. Alors, soyons clairs, ce n’est pas ce qui me manquait le plus (disons que je me suis vraiment épanouie auprès de mon premier et j’ai adoré cette période), mais en me connaissant, là clairement, je sors de ma zone de confort, et ça fait peur, mais ça fait également un bien fou. Je suis, sur certains aspects, fière de moi, et je peux dire que c’est une chose qui ne m’est jamais arrivée (ou alors m’en souviens pas).

J’ai toujours cru que l’accomplissement c’était que les autres soient fiers de moi, mais quelle perte de temps, je sais que vous aviez sans doute déjà compris ce principe depuis la grande section environs, mais moi, ça vient juste de me percuter l’esprit, et je dois dire que c’est tellement enrichissant, de vouloir se prouver des choses à soi-même. Ça n’a aucune commune mesure avec le fait de savoir que d’autres sont fiers de vous, ça donne des ailes et des forces pour quand on n’en a plus. Se regarder et se dire que non, on n’est pas si mal (par là j’entends les qualités de caractère, mais ça fonctionne aussi sur le physique!), qu’on n’a pas de quoi rougir. Qu’il y a bien mieux ailleurs sur pas mal d’aspects, mais qu’on est droits dans ses bottes. Bref, finalement, je commence à bien m’aimer, et si c’était ça le début du bonheur?