Et donc, c’est le vôtre? #2

Donc, comme je le disais dans le premier article de cette série (si, parfaitement, au bout de deux c’est une série, voire une saga!), les gens ont beaucoup de mal à associer mon fils à moi, et vice versa bien entendu!

Donc, d’une je n’ai pas une allure « maternelle », mais en plus, disons que mon fils et moi, on n’a pas vraiment la même couleur de peau. Certains diraient même qu’il est typé, et je ne pourrais pas franchement les contredire!

Je passe sur tous les « ah bah il est bien brun! » (ce qui est assez logique puisque son père l’est évidemment, mais moi aussi!).

Et parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit palmarès de ce que #lesgens trouvent primordial de me faire savoir!:

« Han mais t’as trop de chance d’avoir un petit métisse, moi j’aimerais trop aussi! »- le métisse, cet accessoire fashion!

« Et donc, il vient de…? »- Euh, il sort direct de mon utérus, si tu veux je peux te raconter mon accouchement aussi!

« Ah, donc c’est le papaaaaaa…! »- Ah non, là c’est le fils! Mais je me demande encore à ce jour comment je pourrais terminer cette phrase, si vous avez des idées…

« C’est bien la peau mate, c’est pratique avec le soleil! » -Malheureusement, ça l’est beaucoup moins avec les CVs!

« Et pourquoi il n’a pris que le nom de son père? Ce sera pas simple pour lui plus tard! » -Alors comment te dire, d’une je ne vois pas en quoi rajouter mon nom atténuerai l’effet terroriste que produit celui de son père sur des esprits comme le tien, mais en plus figure toi qu’on n’a même pas honte de ce nom (on est hyper culottés dans la famille faut dire!).

« Gens: Oh regarde, il veut aller jouer avec la petite fille!

Moi: Oui, en plus a priori il a un faible pour les blondes

Gens: Ah bah c’est bon vous êtes tranquilles!- Ici non plus, je ne vois pas l’idée précise (bien que je comprenne l’idée globale qui voudrait qu’on ne rajoute pas de couleur à la couleur!)

Allez, c’est tout pour ce soir, rien que de l’écrire ça m’a fatigué. Il est bien clair que quand je disais hier que #lesgens étaient maladroits; pour ce qui est des phrases sus-citées, #lesgens est juste un gros con (oui pour la peine je dis des gros mots!).

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Et donc, c’est le vôtre? #1

Oui, c’est la première partie, parce que visiblement, ça choque beaucoup de gens!

Pour vous situer, je suis une maman plutôt jeune (enfin si on se fie au fait que le premier enfant se fait à 31 ans en moyenne en France), j’ai eu le mien à 26 ans, je n’étais donc plus franchement dans la case adolescence non plus hein.

Je vous passe tous les « mais c’était voulu? » non, pas voulu du tout, d’ailleurs on ne comprend toujours pas comment ça a pu arriver…

Breeeef, donc, ajouté à mon âge qui visiblement paraît suspect aux autres; il faut y ajouter ma corpulence. Disons que mon IMC est de 18 (oui, je ne vais pas non plus vous donner mes mensurations hein) et que j’ai perdu plus que je n’ai pris pendant ma grossesse (alors que j’avais pris plus de 20KG), et donc #lesgens sont absolument persuadés que soit je suis très malade, soit en fait, j’ai passé mon congé mat’ à jeûner. Alors qu’on soit bien clairs, je ne me plains absolument pas d’avoir perdu tous mes kilos, par contre -j’ai sans doute l’air de cracher dans la soupe-si je pouvais récupérer les 5 kilos d’avant grossesse, je ne dis pas non. D’une, parce que c’est fatiguant d’être trop mince (ou alors c’est d’avoir un enfant?!) mais aussi, parce que je n’en peux plus d’entendre des « ah mais c’est le vôtre » et quand je répond par l’affirmative d’ajouter tout en me détaillant de la tête aux pieds « bah on dirait pas hein ».

Je ne saurais expliquer pourquoi, mais cette réflexion, pourtant récurrente, m’oblige toujours à ajouter à la hâte « oui oui, mais ça c’est l’allaitement » (ce qui est a priori vrai), une façon de dire que non, je ne suis pas au régime, et que mon activité principale c’est mon enfant, pas de lire des magazines modes. Et j’ai comme l’impression que #lesgens, ne me croient de toutes façons qu’à moitié.

Pourquoi je raconte ça? D’une parce que j’adore parler de moi c’est évident, mais aussi parce que je me suis rendue compte que finalement, j’ai beau faire ma maligne en crachant sur les conseils et autres remarques reçues à tort et à travers, il n’en reste pas que je suis sure d’avoir moi aussi déjà vexé pas mal de personnes, sans le vouloir, en parlant trop vite, ou en ne me rendant simplement pas compte de l’énormité qui sortait de ma bouche. Je sais que ces remarques sur mon poids ne partent pas (toujours) d’une mauvaise intention, mais il n’en demeure pas moins que c’est un sujet qui me touche, et que parfois, sans doute, je suis cet autre à qui on a juste envie de dire « ta bouche » (oui, je ne dis plus de gros mots depuis que je suis maman!)

Voilà, j’y pensais tout à l’heure, et je me disais que finalement, on n’a pas tous les mêmes sensibilités, et qu’on ne peut jamais réellement se rendre compte de la portée de nos paroles. Et vous, des réflexions qui vous agacent, mais qui paraissent anodines?

Réparer son enfance

Je ne sais pas s’il en est de même pour tout le monde, mais je sais qu’une grande partie de ma maternité a pour but de réparer mes douleurs d’enfance.

Je n’ai pas été maltraitée, loin de là. Cependant, je pense que j’ai fait les frais de parents qui ne savaient pas vraiment ce qu’élever un enfant signifiait, et surtout, ils s’en fichaient pas mal de faire bien ou mal.

Je n’ai que très peu de bons souvenirs de mon enfance, ce n’est absolument pas un moment que je regrette, et pour être tout à fait honnête, quand j’y repense, j’ai souvenir d’un ennui intense. D’ailleurs, dans tous mes souvenirs, il fait gris (encore une fois, peut-être est-ce le cas pour tout le monde, mais j’avoue ne pas parler de ça dans ma vraie vie!).

Pour moi, avoir un- puis j’espère des- enfants, c’est un peu revivre par procuration ce que je n’ai pas eu. Je me suis fait quelques promesses pour l’éducation de mon fils et des ses hypothétiques frères et sœurs, et voici ce que je voudrais vraiment arriver à tenir:

– Rire avec lui, dès que possible, de tout et de rien, ne surtout pas lui demander d’être sérieux

– Le laisser essayer des choses: associer des aliments qui ne le sont normalement pas, faire de la peinture avec les mains, faire du jardinage ou de l’élevage d’escargots, surtout, ne pas le priver simplement parce que je ne veux pas m’embêter à nettoyer derrière!

– Ne pas juger son caractère, dans la mesure du possible, ne jamais lui dire quelque chose qui pourrait le blesser (oui, parce que bon le « T’es trop méchante, tu finiras seule » il me fait encore un nœud dans la gorge…)

– Le laisser être lui, un enfant imparfait qui n’est pas là pour combler mes désirs, essayer toujours de le pousser a savoir faire des choses pour lui et non pour ce que la société (et encore moins ses parents) pourrait attendre de lui

– Ne jamais arrêter de lui faire des câlins, des bisous, des papouilles…ne pas perdre le côté tactile

– Le soutenir, toujours, même si j’ai peur, même si je n’y crois pas, même si je ne suis pas d’accord. Le laisser se tromper, et l’aider si besoin, à recommencer

– Ne jamais mettre mes sentiments pour lui ou mes actions envers sa personne dans la balance: il ne me doit et ne me devra JAMAIS RIEN

Voilà, cette liste est non exhaustive, et elle s’étendra surement beaucoup dans les années à venir, mais j’aime l’idée de la consigner ici et de venir la relire pour me remettre les idées en place.

J’espère sincèrement arriver à m’y tenir, et même si je ne serais jamais parfaite, je souhaite par dessus tout ne pas laisser de traces douloureuses sur le cœur de mon tout petit.

Et vous, avez-vous des peurs quant à l’éducation de vos enfants?

Féminisme et allaitement

Je ne sais pas si cet article vaut la peine, mais voilà, une question me turlupine (oui me turlupine parfaitement!) depuis quelques semaines…

Donc, comme la plupart des personnes, je suis féministe, je crois en l’égalité absolue entre les hommes et le femmes et ne comprends même pas que ce soucis n’ait pas encore été résolu (je veux dire c’est aussi absurde que la controverse de Valladolid, ou que le mariage gay! Oh wait…). Donc je suis féministe, j’oeuvre petitement auprès de mon entourage et…j’allaite!

Comme je le disais dans l’article précédent, si je suis convaincue de l’allaitement POUR MOI, je sais en revanche que ça ne fait absolument pas de moi une meilleure mère!

Et donc, depuis 6 mois, cet allaitement fait beaucoup parler. Il y a ceux qui me prennent pour une de ces mères qui ne veulent pas couper le cordon, mais il y a aussi ceux, très nombreux également, qui me trouvent au choix: courageuse, forte etc…

Et c’est là le problème. Je veux dire que je ne mérite pas de médaille, loin de là, à mes yeux, celles qui forcent l’admiration en allaitant sont les mamans de prématurés, les autres font juste comme elles ont envie. Et c’est bien ça le souci, 99% de mes amies ont tenté d’allaiter, et toutes ont eu des soucis. Soucis qu’elles m’expliquent, elles n’avaient pas assez de lait, le lait n’était pas assez nourrissant et j’en passe, alors qu’on sait qu’une mère ne manque jamais de lait (la baisse de lactation existe hein, mais on y remédie facilement), que le lait sera toujours assez nourrissant etc…sauf que je leur répond en compatissant. On sait qu’on se ment, mais ça évite de dire la vérité toute crue: elles ne voulaient pas allaiter.

Et je trouve horrible de ne pas pouvoir oser dire, bon j’ai essayé, mais franchement, ça ne m’a pas plu alors j’ai arrêté. Quelle honte il y a? Moi perso j’ai essayé l’écharpe de portage et je n’ai pas aimé, bon bah c’est tout, pas de quoi me lapider en place publique, mon bébé va dans sa poussette pas physio et puis tant pis!

Alors je me demande pourquoi on rentre toutes dans ce tabou, pourquoi on fait semblant de croire celle qui nous dit qu »elle n’a pas réussi à allaiter alors qu’elle ne voulait simplement pas le faire? Pourquoi on ne dit pas simplement à cette soeur en maternité qu’on sait qu’elle transforme la réalité, mais que pour arriver à une parole décomplexée des jeunes mamans et des femmes en général, on ferait mieux de se dire la vérité et d’assumer, parce qu’on donne décidément bien trop d’importance à un choix qui n’aura à mon sens aucune répercussion sur le futur de l’enfant!

Maman d’un côté comme de l’autre, rétablissons la vérité: non allaiter n’est pas un acte héroïque, mais non, donner le biberon n’est pas un crime!

Voilà, j’espère que vous comprendrez oú je veu en venir, mon idée a été particulièrement difficile à mettre en mots!

Maman se sent bien seule mon bébé

Non, je ne suis pas une mère célibataire, et c’est bien ce qui me pose problème, parce que non mon couple ne va pas mal non plus mais…j’élève mon enfant seule.

Oui, il est encore bébé, et je ne devrais pas utiliser le terme élever mais plutôt prendre soin.

Sur une journée, je dois voir mon mari 15 minutes (je ne compte pas le temps de sommeil, douche, repas-qu’il fait seul car en décalé- et moments où il est au téléphone), 15 minutes par jour chaque jour de la semaine, les week-ends c’est surfait, tout le monde le sait! Il n’est pas là parce que d’une part il travaille en décalé, et d’autre part, il est pris par un très grand projet pro qui lui bouffe tout son temps. Je ne lui en veux pas, je le savais (ou pas!), et je sais que la situation sera temporaire…mais en attendant, je gère mon enfant seule, du matin au soir, en sachant très bien qu’à aucun moment de la journée mon fardeau (oui, en ce moment je le vois comme ça désolée) ne sera abrégé!

Eh bien c’est très dur, pas physiquement, mais psychologiquement wouahou, y à qu’à voir, je vais m’absenter une demi heure pour aller chez la sage-femme (BM prend la relève) j’en suis toute folle de joie! Sauf que oui, c’est dur, mais je ne peux pas tellement me plaindre, parce que JE NE SUIS PAS CÉLIBATAIRE. Hé oui, il est là le piège, si je dis que j’en ai marre, on me répond que je n’ai qu’à le laisser à son père, mais impossible, et je me dis que ça ne va pas s’arranger, il ne va pas subitement savoir s’en occuper du jour au lendemain quand il aura du temps! Il sait à peine lui mettre une couche, quant au bain, il ne l’a jamais donné (enfin il a déjà regardé son bébé dans le bain hein, mais pas plus!)

Alors je ne sais plus quoi faire, les cris de mon petit me minent chaque jour un peu plus, et je perds patience à une allure folle, et je ne suis pas un lapereau de 3 semaines, je sais bien que dans ce désintérêt des soins à apporter, il y a aussi beaucoup de mauvaise foi de la part de mon cher et tendre…

Alors j’espère, j’espère que la situation se décante bientôt, mais dois-je vraiment y croire?

Le temps qui passe

J’ai une peur bleue de la mort…voilà, ça a toujours été ainsi, et je pense que ça ne cessera jamais.

J’ai évidemment peur de ma propre mort, mais bien plus encore de celle de mes aimés. Mon conjoint ne peut pas rentrer en retard sans que je ne me sois déjà fait le film de sa disparition dans un accident de la route…combien de fois ais-je failli décrocher le téléphone pour appeler les hôpitaux environants (non non je ne suis pas folle). Le pire étant que mon tendre est TOUJOURS en retard, depuis 10 ans, j’aurais pu m’y faire mais non, je ne peux m’empêcher de toujours avoir peur.

Quand j’ai eu envie d’avoir un enfant, j’ai été partagée entre deux seniments: d’une part l’envie que mon bébé connaisse ses arrières grand parents (oui, j’ai encore mes 4 grand parents et je mesure ma chance chaque jour!), d’autre part le culpabilité de pousser ces derniers encore un peu plus vers la mort.

Je suis bien consciente que ma maternité n’a rien à voir avec le temps qui passe et emmène inéluctablement nos proches, mais je ne peux me défaire de ce sentiment, d’avoir fait vieillir mes parents et il faut le dire, un peu mourir mes grand parents.

Cependant, je suis tellement heureuse que mon fils les connaisse, les reconnaisse, et aussi de voir leur joie à eux de le connaître que je sais que cette culpabilité est ridicule…malgré tout, il ne se passe pas un jour sans que je ne remercie l’Ensemblier Géant de me permettre de vivre cela, s’il y a une notion que la maternité m’a apprise, c’est le sursis.

Parce que dans toute chose, nous sommes en sursis.