Les bonheurs de la semaine

Ça fait un moment que je veux revenir écrire, mais quand je ne vais pas très bien, je me réfugie dans le mutisme, c’est nul, d’autant plus quand personne ou presque n’est au courant de ma situation et que donc, on silence est souvent mal interprété…

Du côté médical de l’affaire, disons qu’on attend que ça se tasse, en croisant les doigts pour que rien ne pète au passage (et je les croise bien fort mes doigts là!).

Allez, parce qu’au fond, ça ne va pas si mal, je vais tenter de trouver 7 bonheurs dans la semaine écoulée.

1/ Mon petit prince qui, s’il ne parle pas, sait très bien se faire comprendre, et passe sa vie à me montrer toutes sortes de choses auxquelles il n’a bien sûr pas droit (chocolat, bonbons, petits gâteaux…) en me disant « mam mam » avec un grand sourire!

2/ Le fait qu’il ait retrouvé un rythme, et me laisse me reposer un peu.

3/ Savoir que j’ai réussi à vraiment faire plaisir à tout le monde à noël, sans même finir autant ruinée que l’an dernier.

4/ Mon mari, qui, s’il n’était à la base pas contre un petit deuxième, se prend maintenant à en rêver (enfin va falloir patienter que j’arrête d’être enceinte déjà…)

5/ Avoir été confrontée à mon passé (bien trop longue histoire, et en plus inutile) et me rendre compte que je touche du doigt le luxe de me ficher du regard des autres (pour qui me connaît, c’est une véritable révolution)

6/ L’entendre me dire que je suis « vraiment magnifique » comme ça au petit-dej, et me dire qu’après 10 ans, c’est tout de même une chance incroyable

7/ Etre fière de mon fils, autant de ce qu’il est que de ce qu’il n’est pas. Il est bien loin de l’enfant idéalisé que je portais dans mon cœur, non, il est un million de fois mieux, et me dire que si par malheur, je ne devais avoir qu’un enfant, je suis tout de même drôlement chanceuse que ce soit lui!

Voilà, ça fait du bien de l’écrire, même si depuis 15 jours je me répète comme un mantra que je fais partie de l’infime partie des privilégiés qui peuplent notre planète, l’exposer avec des exemple concrets donne encore plus de poids au bonheur que je savoure chaque jour (en l’oubliant bien trop souvent!).

Bonne soirée.

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GEU avérée

Injection faite. Il n’y a plus qu’à attendre. Ce premier noël avec mon boubou a un goût amer, je m’en veux de ne pas avoir été là pour lui à cause de mes désirs d’adulte.

Je pensais vraiment que ça aurait une autre gueule ces fêtes de fin d’année!

Allez, on relève le menton et on sourit, parce que malgré tout j’ai une famille en or et je suis la plus riche du monde de les avoir.

Bon on passe à 2016 maintenant?!

Bonnes fêtes à toutes!

 

On n’est pas arrivés…+ Edit

Bon, petit retour sur les jours précédents!

Mercredi dernier, je fais un test urinaire, en me disant que bon, j’ai un doute, mais quand même, je dois rêver.

Je ne rêve pas, et décide donc d’aller faire une prise de sang le lendemain.

Ladite prise de sang n’est pas très élevée, je reste prudente, mais en même temps, en allaitant, je sais que mes cycles sont anarchiques.

Quatre jours plus tard (lundi donc), je refais un prise de sang, et suis très heureuse de constater que ça a plus que doublé  en 48h. Je prends alors une grande décision, cette fois, je la joue zen, et préviens mes frères et sœurs (pas mes parents ni qui que ce soit d’autre hein, je ne suis pas devenue folle!). Cris de joie (on a le sens de la mesure dans la famille!), tout le monde est ravi, mon mari est content qu’on leur ait dit, il doivent passer le soir même pour boire des bières (j’ai déjà dit qu’on avait la classe?). Quand tout à coup (lol) tadaaaaaaam, je sens que y a un truc qui ne va pas bien, en vrai, j’ai perdu beaucoup de sang, d’un coup.

J’accuse le coup, et sors prévenir ma bande, que ben non hein, l’embryon il s’est tiré voir ailleurs si j’y étais. Je vois mon frère le sensible (faudrait que je vous parle de lui) qui se décompose, alors je ravale mes ptites larmes et puis bon, je leur dit que ça va hein, ils ont un neveu magnifique, qu’on est déjà pas mal vernis, et que c’est la vie (personne ne me croit mais au moins j’ai l’impression de faire illusion).

Cependant, les saignements on totalement arrêté, et ma sœur me dit d’aller quand même aux urgences, parce que blabla la copine de la cousine de la fille du boulanger blabla et elle a maintenant un joli bébé.

Je doute trois secondes (il m’en faut peu pour me donner espoir), et je file aux urgences. La salle d’attente est vide et on passe rapidement. Je ne vais pas m’appesantir sur l’amabilité de l’interne qu’on avait l’air de beaucoup déranger. Elle m’ausculte, me dit qu’effectivement, il n’y a plus de sang, que le col est normal, on va faire une écho mais on verra rien (bah alors on n’a qu’à oublier non?).

On va faire l’écho, on voit rien (elle est forte hein l’interne) mais il n’y a pas de sang dans l’utérus, selon elle pas de fausse couche, par contre, on n’est pas sûr pour autant que la grossesse continue bien. Du coup, un tour de gagné pour refaire une prise de sang le mercredi (oui ils en ont profité pour me faire une prise de sang, bien que je leur avais donné le taux du jour) et re échographie.

Mercredi (hier) je retourne faire la prise de sang le matin et me repointe aix urgences pour l’écho l’après midi. Alors là j’ai eu une interne adorable, d’abord elle m’a dit que le taux avait bien évolué, qu’elle restait positive, mais qu’il fallait vérifier à l’echo pour ecarter le risque de GEU. À l’écho on a vu qu’un point blanc. Elle me dit qu’elle pense que c’est le sac, mais ne peut être certaine. Elle a bon espoir parce que mon endomètre est très épais et mon utérus très vascularisé.

Donc j’ai mon bon pour me retaper la prise de sang demain et l’écho ensuite.

Allez, c’est noël il ne peut rien m’arriver hein!?

Edit du 27/12: suspicion de GEU, il faut y retourner demain…

Notre naissance

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J’ai adoré lire le récit des accouchements des autres, et l’idée de parler du mien me plaît beaucoup, puisque j’en garde un souvenir magique (non ne me détestez pas!) et que je me rends compte que j’en ai par contre oublié quelques passages!

Il y a un an (à quelques jours près!):

Il est trois heures du matin, et après une de mes 15 pauses pipi de la nuit, je me recouche. Je me retourne, et sens vraiment très peu de liquide couler (claaaaaasse). Je me dis que non, ce n’est pas normal, d’une je viens de vider ma vessie, de deux, je n’ai jamais eu de fuite avant, et de trois, quand je suis sur le dos, bébé n’appuie pas sur la vessie. Je me relève donc en allumant toutes les lumières, et retourne aux toilettes, et là, bon, je me rends compte que non hein, ce n’est pas de l’incontinence, mais bien la poche des eaux qui a rompu.

Je commence à pleurer, à dire à mon mari que bon, c’est pas une blague, lève toi, on y va! Il me demande 30 fois si je suis sure (et il se rendort entre chaque question) et moi je suis dans le couloir à courir dans tous les sens sans aucun but tel le lapin pris dans les phares de la voiture!

Je finis par remettre mon unique neurone debout et commence à faire ma valise de maternité ainsi que celle du bébé (oui, il est arrivé tôt!) et file me doucher.

A ce stade, je n’ai aucune contraction (je n’en ai jamais eu durant la grossesse) et j’arrive aux urgence en touriste. Une sage femme nous reçoit, elle me pose un monito… et…zéro contraction!!! Je suis verte, je sais quelles sont les options, et celle qui se profile ne me fait pas du tout envie!

Elle nous attribue donc une chambre et me propose d’aller marcher (oh oui, il est 5h30 et on est en plein hiver, je suis trop contente). Ce que nous faisons pendant 1h30, et là, les contractions arrivent. Elles sont hyper légères (j’ai plus mal quand j’ai mes règles) mais je suis fatiguée et je veux aller dormir, tant pis si je dois avoir un déclenchement!.

De retour dans la chambre, la sage femme me ré examine, et me dit que c’est bien, le col est effacé et ouvert à un doigt (quand je suis arrivée il était scellé à double tour). Vers 7h30 les contractions commencent à se faire bien sentir, mais là encore, rien de bien méchant. Je dis à mon mari d’aller se chercher un café et de me prendre des magazines. Il revient, on bouquine chacun dans son coin, je sens les contractions s’intensifier, mais je suis loin d’avoir réellement mal. A 8h30 une nouvelle sage femme arrive et me pose un nouveau monito. C’est sans doute la position allongé qui a accéléré les choses, mais pendant cette demi-heure, je sens que vraiment on vient de monter d’un cran! Une fois terminé, je supplie la sage femme de regarder à nouveau. Il est 9h, et elle mes sort tout sourire, c’est bon, vous êtes à 3 bons doigts, allez prendre une douche chaude pour vous calmer, le temps qu’une salle se libère (à savoir, je suis la dernière à avoir eu une salle, d’autres ont accouché en salle de pré travail ce jour-là!)

Je refile à la douche donc (ah ça du coup, je n’avais aucun doute quant à mon odeur corporelle) sauf que…l’eau est froiiiiide! Une horreur, je ne sais pas quoi faire, les contractions deviennent insupportable puisque je me raidis, je ne sais pas si je préfère rester sous l’eau pas chaude ou sortir de la douche toute mouillée dans une salle pas vraiment chauffée pour mettre ma blouse… Au bout d’un quart d’heure, mon mari m’aide à me relever de la chaise, et me sèche aussi vigoureusement que possible. La sagefemme reparait et on peut aller en salle.

A ce moment, c’est le black out total, je ne me souviens de rien, il parait que je m’arrêtais tous les 3 mètres et me tenait aux barres de couloir.

Arrivés en salle, on doit attendre l’anesthésiste. Il est 9h45, la douleur est intenable. L’anesthésiste est sur une urgence, mon mari lui perd complètement pied et se met à crier sa détresse à l’auxiliaire qui passait par là (« Mais vous voyez pas qu’elle a mal là, elle en peut plus, vous pouvez pas laisser quelqu’un comme ça merde! »)on me propose le protoxyde d’azote…alors là, PLUS JAMAIS, j’ai cru crever! Je me suis vue partir, ça a encore empiré la situation. En attendant,  je dis que je vais vomir, que je vais vomir et aussi que je vais vomir (mais c’est des menaces en l’air, je sais me tenir quand même ;-))

10h, IL arrive enfin, j’ai très peur parce que les contractions ne s’arrêtent pas et que je ne veux pas finir paraplégique, mais ça va hyper vite, et ça fait effet deux contractions plus tard.

Du coup, re auscultation, et là, je comprends pourquoi je pleurais de douleur, en une heure trente, je suis passée de 3 à 8cm, pour un premier, c’est assez rapide!

La sage femme me propose de dormir, elle me dit qu’elle repassera vers midi, sauf si je l’appelle. Je reste dans mon coin à m’occuper sur mon téléphone, mon mari s’endort. Je crois que je ne réalise rien du tout, je n’ai pas peur, je ne pense à rien, ah si, je veux juste voir si capricorne c’est bien comme signe astrologique!

A midi retour de ma super sage femme, elle s’inquiète que le bébé ne descende pas, son rythme est parfait et ne bouge pas.  Elle me re ausculte et…on y est, dilatation complète, il est déjà bien engagé. Puisque son rythme est parfait, elle me propose de revenir dans 30 minutes pour qu’il descende tranquillement. Pendant tout ce temps là, mon mari dormait toujours.

Midi trente, on re checke tout ça. Feu vert, on peut pousser, elle voit ses cheveux. J’éclate en sanglots, là j’ai compris, c’est réel, je vais avoir mon bébé!

Il faut secouer mon mari pour le réveiller. Il vient à côté de moi. Installation de la table, je renvoie un petit coup d’anesthésiant, l’auxiliaire arrive, c’est bon on y va. Je pousse deux fois, touche la tête, le rythme baisse un peu, je donne tout, et vais chercher mon fils.

Il est minuscule, je n’y avais pas pensé, je répète en boucle qu’il est trop petit, je pleure, mon mari pleure, et coupe le cordon.

Pas d’épisio ni de déchirure, par contre, j’ai eu le droit à la révision utérine, le pire moment je pense!

Rien que d’y repenser, je voudrais pouvoir revivre cette nuit absolument parfaite. Moi qui ai angoissé toute ma grossesse, il ne m’est même pas venu à l’esprit un seul moment de douter pendant l’accouchement. Je me suis totalement laissée porter par les sages femmes, et par mon mari, parce que cet article ne lui rend pas vraiment justice, pendant tout le temps ou je souffrais, il n’a pas arrêté de faire tout ce qui était en son pouvoir pour me calmer (des chorégraphies ridicules pour me détendre, et des massages hasardeux, mais c’est l’intention qui compte).

J’avoue qu’après près de 8 mois de stress, de crises d’angoisses et de larmes, mon accouchement a été ce qui m’a réconciliée avec ma grossesse.

Je suis désolée si des choses paraissent déplacées ou impudiques.

 

C’est reparti…

C’est reparti pour un voyage qui devrait durer encore près de huit mois si tout se passe bien.

Oui, si tout se passe bien, parce que si je tombe enceinte sans aucun problème, j’ai déjà deux fausses couches à mon actif. Rien de bien méchant, la faute à pas de chance comme dirait mon médecin. Sauf que pas de chance, il me fait peur, et je n’ai pas franchement envie qu’il revienne frapper à ma porte pour voir si j’y suis.

Je ne sais pas trop à quoi sert ce post, j’ai sans doute besoin d’évacuer un peu. Je me rends compte de la vacuité de ma peur. Je n’ai aucun pouvoir sur ce qui peut arriver, il n’y a que le temps qui me dira, et il ne sert à rien de trop retourner le problème dans tous les sens puisque la vie a ceci d’intrinsèque qu’elle est imprévisible.

Voilà, je suis heureuse, et morte de trouille. J’ai bien évidemment peur de perdre ce début d’embryon, mais aussi peur de devoir gérer deux enfants, peur de faire de la peine à mon fils et qu’il se sente délaissé, peur d’être trop fatiguée.

D’un autre côté, c’est un choix, je veux des enfants rapprochés, je suis moi-même d’une fratrie nombreuse et très proche. Et comme je le disais récemment à mes frères et sœurs, ils sont le plus beau cadeau que la vie m’ait offert (après mon fils maintenant), et si j’ai la possibilité d’offrir la même chose à mon bébé, je serais comblée.

Bien évidemment, les remarques à la con ont débuté le jour-même de ma prise de sang, avec l’infirmière (ce sont des infirmière qui font les prises de sang?) qui me dit: mais il est encore petit et vous voulez déjà qu’il soit grand frère?!

Bref, qui vivra verra, mais réellement, malgré ce que je peux avoir l’air de ressentir, je suis extrêmement heureuse, et je mesure ma chance (dans cet aspect de ma vie comme dans tous les autres!).

PS: Je sais que certaines personnes qui me lisent ont vécu des parcours de pma longs et compliqués et je ne voudrais vraiment pas que vous vous mépreniez, je sais comme ma vie est belle et facile, VRAIMENT. Remarque, je vous prouve d’une certaine manière que toutes les C1 ne sont pas des inconscientes 😉

Etre mère au foyer

Voyez le lapsus, j’ai failli écrire femme au foyer (qui ne serait pas une honte notez, mais qui ne retranscrirait absolument pas ce que je fais à la maison).

Donc, je suis mère au foyer, c’est à dire que mon job, c’est de m’occuper de mon enfant. Ce n’est pas un job puisque je ne suis pas payée pour faire ça (d’ailleurs on peut m’expliquer en quoi c’est un job quand on garde les enfants des autres mais de la fainéantise quand on garde le nôtre?), mais on dira que c’est mon occupation, à temps plein, week-ends compris.

Je m’éclate vraiment dans ce nouveau challenge, qui est de loin le plus ambitieux de toute ma vie!

D’abord, je suis vraiment contente de me dire que je profite on ne peut plus de mon bambin. Il me sera vraiment difficile de me dire un jour que j’aurais pu lui consacrer plus de temps (et moi les regrets, c’est ma hantise- faudrait que je vous parle de ça aussi tiens!).

Ensuite, je peux m’assurer chaque jour qu’il va bien, et pas seulement physiquement. J’ai assez de temps avec lui pour savoir s’il a passé une bonne journée ou non, et donc, je peux tenter de calmer les choses avant qu’elles ne s’enveniment en temps de crise.  On a eu une mauvaise période lui et moi (et là je mentirais si je disais que je n’ai pas rêvé qu’il aille brailler dans les oreilles d’une autre pendant que j’irais au bureau!). Mais j’ai eu cette chance de pouvoir le voir assez longtemps chaque jour pour que ces semaines difficiles ne se prolongent pas en mois difficiles.

On me dit souvent que j’ai un enfant facile, alors très franchement, mon enfant est loin d’être facile, vraiment! Il est très turbulent, entêté et coléreux, rajouté à cela une sensibilité incroyable (mais il est également très souriant, curieux câlin et aime faire le clown- rétablissons la vérité!). Sauf que mon enfant j’ai le luxe de pouvoir essayer de le comprendre, de pouvoir tâtonner et trouver des solutions adaptées à lui. Pendant notre phase un peu tendue (doux euphémisme) il se jetait à terre 10 fois par jour environs, il montait des drames à plus de 90 décibels (je le sais j’ai mesuré!), mais j’ai eu ce temps précieux de pouvoir mettre en place des choses concrètes pour mettre fin à ce régime de terreur (pour moi hein!).

J’ai donc cette possibilité d’aider mon enfant à grandir, « à ma façon »! Pour autant, il va également à la crèche une fois par semaine. Pas que j’en profite pour faire la grasse mat et trainer un pyjama (en vrai je fais le ménage et les courses- comme les nullipares en week-end quoi), ni même que je veuille m’en débarrasser, non, ça nous permet de ne pas fusionner , ça lui permet de voir autre choses (d’autres enfants surtout et il adore ça!). Par ailleurs, il va parfois dormir chez ma mère  (en cas de nuits trop courtes ça fait beaucoup de bien) et est souvent gardé  le soir lorsque nous nous faisons une soirée avec mon conjoint, ou que je retrouve des copines.

Je comprends totalement les femmes qui veulent (oui parce qu’il ne faut pas oublier qu’on ne fait pas toujours ce que l’on veut!) retourner bosser, et certains jours je les comprends VRAIMENT bien!

Ma mère a toujours travaillé, et elle sortait souvent le soir (non ma mère n’était pas une débraillée, juste une femme aux mille projets, et souvent ne veut pas dire chaque soir, je dirais une fois par semaine), et jamais je ne me suis sentie abandonnée, j’ai énormément de souvenirs de famille, et même si j’ai été gardée par une nourrice, il est évident que c’est ma mère qui m’a élevée. Donc, je ne fais pas ça pour mon enfant (oui, je sais c’est horrible), mais il faut le reconnaître, par pur égoïsme. J’adore l’emmener partout, lui montrer des tas de choses (comment claquer des doigts, ma lubie du moment!), et surtout, regarder la vie à travers ses yeux.

Pour autant donc, je suis loin d’être inactive, en fait, j’essaie de vraiment voir ce temps passé avec lui non comme un temps mort, mais comme une opportunité. Je ne me suis pas arrêtée de travailler pour lui, j’avais quitté mon job avant, je ne sais pas ce que j’aurais fait si j’avais été liée à un employeur…sans doute serais-je retournée travailler. Ce n’était pas un choix à la base, mais je suis contente de ce cadeau de la vie.

 

J’ai écrit cet article après une discussion avec une amie qui se retrouve dans mon cas et qui le vit très mal.

 

Pourquoi la mixité dans le couple c’est plus simple!

Je suis donc en couple mixte (la tournure de phrase me semble un peu étrange, mais je ne trouve pas autre chose!).

Sur le principe, on est pas mal dans ce cas, je ne vais pas me fatiguer à faire un florilège de réflexions stupides entendues, mais si elles existent, il faut admettre qu’elles sont plutôt minoritaires.

Alors, il faut quand même dire qu’il y a couple mixte et couple mixte hein! Un couple franco-anglais, ce n’est pas un couple franco-algérien. De même que c’est très différent de partager sa vie avec quelqu’un qui est d’origine étrangère et quelqu’un qui est né  l’étranger. Étant en couple mixte DE TOUT, j’ai tous les avantages à la fois (ou pas!)

Si ce n’est pas franchement une révolution de partager sa vie avec quelqu’un né à des milliers de km de la France, les différences se font bien plus sentir lorsqu’un enfant est envisagé.

Je vous passe le casse-tête quand il faut trouver un prénom qui se prononce facilement en Français et qui ne soit pas discriminant, qui ne fasse pas trop étranger, qui ait une signification sympa et chargée d’histoire et qu’en plus ensuite il faut se mettre d’accord sur l’orthographe…c’est simple, jusqu’à l’accouchement, je pensais qu’on arriverait jamais à se mettre d’accord!

Cependant, étant donné que je suis une jeune femme éduquée, diplômée et assez cultivée (enfin on essaie quoi!), je ne me suis pas ruée sur le dernier des abrutis. J’ai très sincèrement un mari formidable. Il a beaucoup de défauts, mais une de ses qualités est de savoir écouter et se remettre en question (sans jamais l’avouer ouvertement faut pas déconner!).

J’ai décidé de me lancer dans l’éducation bienveillante et il me suit à 100% (alors qu’on est à mille lieues de l’éducation qu’il a reçue, et il n’avait jamais été vraiment question -avant que je sois enceinte-qu’on se lance dans un mode d’éducation « alternatif »). Je deviens clairement la bobo dont on se foutait gaiement avec mes lubies de jouets en bois et de nourriture bio, là encore, il est à mes côtés, et m’aide à ne pas laisser tomber trop vite mes principes récemment acquis. En gros, il suffit que je propose quelque chose pour notre fils pour qu’il me suive et surtout m’encourage.

Pourquoi est ce que je raconte tout ça? D’une parce que j’ai quand même bien l’impression que pour les autres, être avec une personne qui vient d’un pays radicalement différent du nôtre fait que forcément, on ne peut pas se comprendre, sisi, c’est impossible, mais on ne veut pas l’admettre c’est tout!

Bon, évidemment,  il y a des choses qui sont nettement moins roses. Le problème le plus flagrant, est que selon mon mari, en tant que femelle, naturellement plus habile pour les choses touchant aux nourrissons, je suis en charge de notre fils, tout le temps! Lui se charge de ramener de l’argent à la maison pour nous faire vivre. En gros, il part à la chasse quand je reste à protéger la descendance (ce paragraphe est totalement réducteur, et ne me sert qu’à étayer mon propos, la réalité est évidemment bien plus complexe et riche- je tiens également à préciser que mon mari est encore plus féministe que moi!).

Cette organisation m’a d’abord fait beaucoup souffrir. Puis, j’ai repensé aux points établis plus haut et il m’est apparu trois choses:

  • L’une étant que mon mari étant ce qu’il est (un être fabuleux suivez!), je sais qu’il se remet en question, et quelques sursauts m’ont déjà clairement confortée dans mon impression.
  • La seconde est que si je reste à la maison, ce n’est pas par fatalité, loin de là. J’en suis pleinement heureuse. Je m’éclate, je savoure ces moments avec mon bébé. Je retournerai travailler, et ce jour là, mon conjoint devra s’adapter, je ne me fais pas de soucis pour ça.
  • Mais surtout, on a une excuse toute trouvée, qui en plus d’apaiser les conflits, est vraie: c’est une question de culture. Voilà, mon mari n’est pas moins père que la papa gâteau qui prend tous ses jours de congé paternité et s’éclate à changer des couches, non, il est père à sa manière, et sa manière d’être père c’est de nous mettre à l’abri tout en permettant à ses enfants de profiter de leur mère (et inversement).

Voilà, c’est ça la magie du couple mixte, c’est que tu as toujours une excuse toute trouvée, qui te permet d’une part de ne jamais reconnaître que tu as tort (j’y peux rien j’ai été élevé(e) comme ça! étant la phrase qui met un terme à tous les conflits) mais en plus elle nous permet d’avoir un regard bien plus bienveillant sur notre conjoint. Parce que si on regarde plus loin, on a tous été élevé de façon différente, et de fait, nos représentations mentales sont aussi différentes, mais voilà, on laissera moins passer si la personne en face de nous a notre âge et vient du même milieu que le nôtre!

Et voilà comment, sans en avoir l’air, je vous livre le secret des couples qui durent! Merci qui?

L’ Erreur

Mon chaton,

Je crois que j’ai commis l’Erreur..celle que je m’étais promis de ne pas faire, celle qui je le pensais, était la clé de voute de mon enfance un peu ratée. J’ai reproduit, bêtement, par facilité, par fatigue sans doute aussi, par manque de lucidité très certainement.

Je me suis faite avoir.

J’ai cru que je te connaissais, tu sais comme on dit que je te connaissais « comme si je t’avais fait ». Sauf qu’assembler des cellules patiemment pendant 8 mois n’a jamais permis à personne de comprendre son enfant.

C’est vertigineux, tu n’es en rien comme je t’avais imaginé, et tu es infiniment plus complexe. J’ai oublié, au fil de mes nuits blanches, comme c’est excitant de chercher la clé de chaque petit verrou que tu m’opposes, j’ai oublié de m’émerveiller du fait que tu es tellement différent de moi. J’ai voulu t’appliquer des principes, comme si tu n’étais qu’une théorie, alors évidemment, on n’arrivait plus à trouver la solution.

A bout de patience, et à force de conseils tous moins sollicités les uns que les autres, j’ai presque cru que tu étais un bébé comme les autres…j’ai complètement oublié que tu es un bébé parmi d’autres, et qu’ils sont tous différents de toi, comme tu es différent d’eux. J’ai cru que parce que tu suivais les stades de développement du carnet de santé, il me suffisait de t’appliquer des solutions à un problème qu’on n’avait même pas su identifier. C’est une équation à deux inconnus, et il ne faut pas se leurrer, ces deux inconnus, ils le resteront jusqu’à la fin de mes jours. Parce que si comme je te le dis régulièrement, à jamais je suis ta maman, à jamais tu ne m’appartiens pas. Dans cette relation bancale, c’est toi qui me possède, mon rôle à moi est d’être à côté, et de chaque jour m’éloigner, jusqu’à ce que ce qui nous relie ne devienne qu’un fil invisible, extensible à l’infini.

Oui, il faut que je me rappelle de ça chaque instant, tu es une énigme, l’énigme qui garde éveillées les mères depuis la nuit des temps, l’énigme qui a pour but de ne jamais être décryptée.

Alors mon chéri, à partir d’aujourd’hui, je te promets de te traiter comme un enfant dont je suis la maman, et plus jamais comme mon enfant.

Maman qui t’aime à jamais.

Et donc, c’est le vôtre? #2

Donc, comme je le disais dans le premier article de cette série (si, parfaitement, au bout de deux c’est une série, voire une saga!), les gens ont beaucoup de mal à associer mon fils à moi, et vice versa bien entendu!

Donc, d’une je n’ai pas une allure « maternelle », mais en plus, disons que mon fils et moi, on n’a pas vraiment la même couleur de peau. Certains diraient même qu’il est typé, et je ne pourrais pas franchement les contredire!

Je passe sur tous les « ah bah il est bien brun! » (ce qui est assez logique puisque son père l’est évidemment, mais moi aussi!).

Et parce qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer, voici un petit palmarès de ce que #lesgens trouvent primordial de me faire savoir!:

« Han mais t’as trop de chance d’avoir un petit métisse, moi j’aimerais trop aussi! »- le métisse, cet accessoire fashion!

« Et donc, il vient de…? »- Euh, il sort direct de mon utérus, si tu veux je peux te raconter mon accouchement aussi!

« Ah, donc c’est le papaaaaaa…! »- Ah non, là c’est le fils! Mais je me demande encore à ce jour comment je pourrais terminer cette phrase, si vous avez des idées…

« C’est bien la peau mate, c’est pratique avec le soleil! » -Malheureusement, ça l’est beaucoup moins avec les CVs!

« Et pourquoi il n’a pris que le nom de son père? Ce sera pas simple pour lui plus tard! » -Alors comment te dire, d’une je ne vois pas en quoi rajouter mon nom atténuerai l’effet terroriste que produit celui de son père sur des esprits comme le tien, mais en plus figure toi qu’on n’a même pas honte de ce nom (on est hyper culottés dans la famille faut dire!).

« Gens: Oh regarde, il veut aller jouer avec la petite fille!

Moi: Oui, en plus a priori il a un faible pour les blondes

Gens: Ah bah c’est bon vous êtes tranquilles!- Ici non plus, je ne vois pas l’idée précise (bien que je comprenne l’idée globale qui voudrait qu’on ne rajoute pas de couleur à la couleur!)

Allez, c’est tout pour ce soir, rien que de l’écrire ça m’a fatigué. Il est bien clair que quand je disais hier que #lesgens étaient maladroits; pour ce qui est des phrases sus-citées, #lesgens est juste un gros con (oui pour la peine je dis des gros mots!).

Et donc, c’est le vôtre? #1

Oui, c’est la première partie, parce que visiblement, ça choque beaucoup de gens!

Pour vous situer, je suis une maman plutôt jeune (enfin si on se fie au fait que le premier enfant se fait à 31 ans en moyenne en France), j’ai eu le mien à 26 ans, je n’étais donc plus franchement dans la case adolescence non plus hein.

Je vous passe tous les « mais c’était voulu? » non, pas voulu du tout, d’ailleurs on ne comprend toujours pas comment ça a pu arriver…

Breeeef, donc, ajouté à mon âge qui visiblement paraît suspect aux autres; il faut y ajouter ma corpulence. Disons que mon IMC est de 18 (oui, je ne vais pas non plus vous donner mes mensurations hein) et que j’ai perdu plus que je n’ai pris pendant ma grossesse (alors que j’avais pris plus de 20KG), et donc #lesgens sont absolument persuadés que soit je suis très malade, soit en fait, j’ai passé mon congé mat’ à jeûner. Alors qu’on soit bien clairs, je ne me plains absolument pas d’avoir perdu tous mes kilos, par contre -j’ai sans doute l’air de cracher dans la soupe-si je pouvais récupérer les 5 kilos d’avant grossesse, je ne dis pas non. D’une, parce que c’est fatiguant d’être trop mince (ou alors c’est d’avoir un enfant?!) mais aussi, parce que je n’en peux plus d’entendre des « ah mais c’est le vôtre » et quand je répond par l’affirmative d’ajouter tout en me détaillant de la tête aux pieds « bah on dirait pas hein ».

Je ne saurais expliquer pourquoi, mais cette réflexion, pourtant récurrente, m’oblige toujours à ajouter à la hâte « oui oui, mais ça c’est l’allaitement » (ce qui est a priori vrai), une façon de dire que non, je ne suis pas au régime, et que mon activité principale c’est mon enfant, pas de lire des magazines modes. Et j’ai comme l’impression que #lesgens, ne me croient de toutes façons qu’à moitié.

Pourquoi je raconte ça? D’une parce que j’adore parler de moi c’est évident, mais aussi parce que je me suis rendue compte que finalement, j’ai beau faire ma maligne en crachant sur les conseils et autres remarques reçues à tort et à travers, il n’en reste pas que je suis sure d’avoir moi aussi déjà vexé pas mal de personnes, sans le vouloir, en parlant trop vite, ou en ne me rendant simplement pas compte de l’énormité qui sortait de ma bouche. Je sais que ces remarques sur mon poids ne partent pas (toujours) d’une mauvaise intention, mais il n’en demeure pas moins que c’est un sujet qui me touche, et que parfois, sans doute, je suis cet autre à qui on a juste envie de dire « ta bouche » (oui, je ne dis plus de gros mots depuis que je suis maman!)

Voilà, j’y pensais tout à l’heure, et je me disais que finalement, on n’a pas tous les mêmes sensibilités, et qu’on ne peut jamais réellement se rendre compte de la portée de nos paroles. Et vous, des réflexions qui vous agacent, mais qui paraissent anodines?